Souhir Ben Amara : Bien plus qu’un visage

Dans une scène artistique tunisienne hybride où la reconnaissance des actrices oscille entre l’exil vers l’Egypte pour des comédiennes telles que Hend Sabri, la superstar et des starlettes dont la qualité première est la recherche du buzz, Souhir Ben Amara a su créer son propre chemin et faire de sa passion pour le cinéma son métier. Ses études de réalisation cinématographique devaient logiquement la mener derrière la caméra mais son visage de madone, beauté classique et pure, a su séduire des réalisateurs comme Ridha Behi et Nouri Bouzid qui lui offre en 2012 le premier rôle de son long métrage MILLE FEUILLES. Elle y campe le personnage de Aicha, femme voilée par mesure défensive mais qui refuse la soumission.
Après des participations très remarquées dans une douzaine de séries télévisées à succès, Souhir prendra du recul au cinéma en faisant très attention à ses choix de films, plus souvent attirée par des scénarii bien construits où même les rôles de composition qu’elle accepte lui ressemble d’une certaine manière. Cela lui permet ainsi de garder une justesse dans le jeu tout en explorant les différentes facettes de ses choix d’actrice.

Elle est certainement aujourd’hui l’une des comédiennes tunisiennes les plus magnétiques, nimbée par la distance qu’elle
sait imposer et le mystère qu’elle cultive autour de sa personne, farouchement attachée à sauvegarder sa vie privée.
En 2017, sa présence dans le film AL JAIDA de Salma Baccar lui a permis des’imposer dans un huit-clos où quatre femmes, de conditions sociales différentes, partagent une prison mais aussi des causescommunes de libération.

L’année 2019 est l’année de sa reconnaissance internationale. Elle brillera d’abord dans le film TLAMESS de Ala Eddine Slim dont la critique dira que « c’est l’un des films les plus marquants du Festival de Cannes 2019… Ni en compétition ni en sélection officielle, TLAMESS (« jeter un sort », en arabe) a dérouté les spectateurs de la Quinzaine des réalisateurs ». Elle y incarnera avec grâce et élégance une bourgeoise mariée et enceinte mais tourmentée et qui fera le choix de la rupture avec la société dominante.

Pour cela, son jeu a largement misé sur la pudeur, l’économie du geste, le mystère un peu froid et distant du regard. Après Cannes, le film a été invité dans une quarantaine de festivals de par le monde. En cette fin d’année, Souhir Ben Amara est la princesse Ottomane Aisha Hafsa, femme du Calife Selim 1er et mère de Soliman le Magnifique dans LES ROYAUMES DU FEU, une super production historique de Netflix en quatorze épisodes, dirigée par le réalisateur britannique Peter Webber.

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